2e dimanche de Pâques A
| Evangile Année C |
Ac 2,42-47
1 P 1,3-9
Jn 20,19-31
Chers amis, permettez que je puisse porter mon regard, en ouvrant cette méditation, sur le Pape Jean Paul II dont l’Église célèbre la béatification aujourd’hui. Au fait, c’est ce Pape qui a invité le monde entier à ouvrir grandement la porte au Christ dans une formule typique en italien et qui est devenue légendaire : «spalancate la porta al Cristo». Plus de 5000000 des pèlerins venus du monde entier se trouvent aujourd’hui à Rome pour assister à l’élévation du Pape Jean Paul II à l’autel. L’événement est désigné par des journalistes comme «événement du siècle».
Voilà que le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui vient à la rencontre des disciples fermés dans la peur pour dire que les paroles du Pape venu de l’Est restent actuelles et sont d’une grande actualité. Oui, le Christ vient à la rencontre de l’homme et de tout homme, c’est l’homme qui doit lui offrir accueil et hospitalité. C’est le thème de ce deuxième dimanche de Pâques : comment rencontrer le Christ ressuscité.
Le texte nous situe dans le contexte pascal dominical parce que le Christ continue à être présent pour célébrer avec ses disciples le mystère pascal chaque fois que nous nous réunissons, comme la communauté primitive, pour la fraction du pain eucharistique. En ce sens, l’eucharistie est la célébration du mystère de Pâques : huit jours après, c’est-à-dire le dimanche après la célébration pascale, le Christ vient encore à la rencontre des disciples. Mais Il les trouve chancelants, chacun dans sa peur, enfermé dans ses convictions et idées personnelles. Chacun médite sur le futur et que faire pour le rendre heureux. Mais est-ce cela qui l’empêche d’approcher l’homme pour qui Il s’est donné lui-même ? Quelques soient les barrières qui peuvent se constituer dans notre existence, soyons en convaincu, le Christ en est vainqueur. Alors je peux reprendre cette invitation du Pape Wojtyla : «ouvrez grandement vos portes au Christ», faites place au Christ dans votre vie.
Le Christ entre et souhaite aux disciples la paix. La paix, ce désir profond de l’homme qui s’exprime en termes de joie, de sérénité, d’amour et amitié, de félicité et bonheur, etc. Ce désir, le Christ vient rendre à chacun dans ses préoccupations et découragement ; dans ses doutes et peurs et angoisses : Il dit la Paix. A dire vrai, le Christ ressuscité nous annonce que la vraie paix est un don et que seul qui s’ouvre à Lui et lui fait accueil dans sa vie reçoit cette vraie paix.
Malheureusement, nous sommes trop attachés aux preuves, au sensible que nous ne Le percevons pas quand Il se fait hôte pour nous octroyer cette paix. Il y a toujours en nous un peu du Thomas et alors nous voulons en tout toucher et palper pour croire que le Christ nous veut donner sa paix. C’est souvent l’expérience que nous faisons de nos eucharisties. Combien de fois nous nous sommes dits : mais je ne sens rien quand je prends les espèces eucharistiques ou la participation eucharistique est ennuyeuse pour moi, je ne sens rien de sensuel, je ne vois rien de spécial. Nous sommes un peu plus que Thomas. Au fait, Thomas, dépasse son doute à la prochaine rencontre et professe sa foi : «mon Dieu et mon Seigneur». Notons que Thomas est l’unique personne des évangiles qui reconnait ouvertement comme cela que Jésus est son Dieu. Il s’agit d’une expérience de foi qui nait de la rencontre du Christ ressuscité. Ce Christ, qui à chaque eucharistie nous approche et vient nous rencontrer pour nous faire don de sa paix. Lui qui, par sa Parole, nous indique le vrai chemin de la félicité et paix. Cette paix de Jésus est d’abord fruit d’une conversion parce qu’elle porte nos cœurs à unir à son cœur. Et elle est ensuite accueil, parce que fruit d’un don.
Chers amis, ce dimanche nous sommes invités à reconnaître aussi dans nos vies la venue du Christ et à le reconnaître surtout là où nous avons blindé, nous avons construit des châteaux par peur, pour raison d’insécurité, d’incertitude, d’angoisse, de doute, etc. Que nous lui ouvrions grandement nos portes afin qu’Il entre et nous fasse don de sa paix. Au fait, nous ne serons jamais en paix tant que nous ne créerons pas des rapports fraternels vrais, battis sur le pardon, la vraie réconciliation, sur l’amour : Seul le Christ peut nous donner la vraie paix car, Seul Il nous apprend à nous aimer, à nous accueillir, à sortir de nos peurs, à bannir l’inimitié, à vaincre rancœur et rancune. A dépasser la différence.
Mais pour ce faire, nous sommes appelés à le reconnaître dans le silence de sa venue, dans l’humilité de son approche, dans le secret de son agir : heureux ceux qui croiront sans avoir vu. Devenons comme les disciples de la communauté de Pierre, ceux-là dont parle la seconde lecture, ils ont cru au Christ sans l’avoir vu. Et que cette foi, nous porte à ouvrir grandement les portes de nos cœurs au Christ, lui le Ressuscité qui se tient à la porte et frappe pour que quiconque ouvre et l’accueil devienne son convive (Ap 3,20). Bon dimanche. RMA.


