Dimanche de paques A
| Commentaire de l'évangile |
Dimanche de pâques
A Chers amis le récit de l’évangile d’aujourd’hui, en plus de son réalisme narratif, se présente en nous comme un enseignement catéchétique qui rime à faire entrer les auditeurs dans la logique du kérygme pascal : le Christ ressuscité est annoncé et seulement avec la foi que nous pouvons accueillir cette annonce pour en tirer les bénéfices. Mais restons-là pour suivre pas à pas le texte.
C’est Marie Magdala qui vient annoncer à Pierre la disparition du corps du Maître de la tombe. Chers amis, le tombeau est vide parce que le corps du Maître n’y est pas : voyez là où il a été déposé, il n’y est plus. La résurrection est d’abord une annonce du tombeau vide, c’est-à-dire d’un fait vérifiable historiquement. Et la foi nait de la contemplation des hauts faits de Dieu dans l’histoire. Moïse invitait le peuple d’Israël, dans le Pentateuque, à voir comment Dieu d’une main forte l’a libéré de l’esclavage. C’est de la contemplation de ce fait, d’une geste unique en son genre que le peuple d’Israël est appelé à découvrir la présence de Dieu dans son histoire. C’est de cette façon que nous pouvons comprendre la réaction du jeune disciple anonyme qui court avec Pierre au Tombeau : il vit et crut. Retenons en passant que la vision est exprimée avec le verbe qui, chez Jean, a toujours quelque chose à voir avec la foi. Ce verbe qui, dans l’Ancien Testament, exprimait aussi les expériences mystiques des prophètes. Je préfère le traduire par le verbe ‘contempler’ pour maintenir ce sens mystique au-delà de l’aspect simplement sensuel. Donc de ce qui est sensible, le disciple anonyme est porté à la contemplation d’un mystère. De même, chers amis, nous aussi, au-delà de ce que nous écoutons comme une simple narration d’un fait, nous sommes appelés à nous ouvrir au mystère. Sans cette ouverture, sans cette élévation de notre esprit au divin, la célébration pascale ne serait qu’un rite accomplit avec festivité, des chants bien exécutés, une liturgie ordonnée sans que nous en récoltions des fruits escomptés. Aussi cela se vérifie dans notre vie : nous célébrons chaqu’année pâques mais nous continuons à nous accroupir sous le poids de la pierre tombale, enfermés dans nos péchés. La Pâques est passage, c’est d’ailleurs ce qui le mot signifie : Mais un passage de l’incrédulité à la foi, d’un fait à la contemplation d’un mystère, d’état statutaire du pécheur à la course vers la sanctification. Un passage qui doit avoir des répercussions dans la vie intérieure et dans le comportement de chaque jour : il vit et crut. Il serait dommage qu’après la grande annonce de cette nuit, cette nuit qui s’ouvre à un jour nouveau et unique, le dimanche éternel, nous continuons trépidement à vivre dans l’obscurité de la nuit de péché, à faire comme si que rien est arrivé dans notre histoire. Le Christ est ressuscité ? Si, alors ressuscitons avec Lui.
Et ce nouveau jour doit commencer à poindre dans nos cœurs. Comme avec Marie Magdala, quand le jour commence à poindre, très tôt le matin, elle va au tombeau. Sans cette prédisposition personnelle, nous n’arriverons jamais à être témoin de la geste de la résurrection. En effet, la grâce de Dieu n’annule pas la liberté humaine à s’engager sur la voie du salut. Dieu ne fait tout pas à notre place, Il a respect à notre liberté. Il nous a fait don du salut par la mort et résurrection de son Fils, c’est sa main tendue à l’humanité, mais Il veut que nous accueillions cette surabondance de sa grâce librement, sans en être contraints. Aujourd’hui, mettons-nous, chers amis, debout pour courir à la rencontre du Christ ressuscité. Oui, déjà le jour commence à poindre sur notre cœur, ne restons plus là fixé comme nous entendions une fois : j’y suis et j’y reste. Cette affirmation ne vaut pas dans la vie de foi.
Effectivement, chacun court selon ses capacités, tous nous ne courrons pas avec la même rapidité ; et dans notre marche spirituelle, nous n’aurons pas les mêmes expériences, l’importance est que chacun fasse ce chemin pour que nous arrivions à découvrir que le tombeau vide est une invitation à aller au-delà de la simple célébration pour accéder à une expérience de vie commandée par la foi, à une spiritualité qui se vérifie dans le vécu. C’est le message de ce matin : l’annonce est entendue, Jésus est ressuscité ! Nous nous mettrons à courir pour passer de l’écoute de la proclamation à la profession personnelle de foi : il vit et crut.
Invoquons, chers amis, la grâce de Dieu pour que notre célébration pascale de cette liturgie ait un cachet particulier : un nouveau départ vers une nouvelle vie de foi. En sortant de cette célébration que je puisse témoigner que depuis ce jour ma vie a changé et quelque chose de nouveau se voit dans ma façon de vivre et d’être parce que je vis maintenant de la vie du Christ, Fils de Dieu qui m’a aimé au point de mourir pour moi, mais ressuscité, Il vit désormais en moi. Bonne fête de pâques de paix, de joie, de croissance spirituelle, de nouvelle expérience spirituelle ; une pâques de sérénité. Oui parce que tout ce qui est vieux et ancien : jalousie, rancœur, haine, rancune, péché, mal est englouti dans la mort de Jésus et un nouvel être est né en moi avec Lui. Heureuse et sereine pâques à chacun et tous. Que la paix du Christ nous accompagne comme disait S.E. Cardinal Laurent Monsengwo : Congo lamuka, mwinda mwa Kristo mongengele yo. Puisse cette lumière illuminer chacun de nous. Amen. RMA.





