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Discours du fr. Aimé Kungi

1910-2010 : LE CENTENAIRE DES CAPUCINS EN RDC

Etat des lieux, espoir et perspective
Kinshasa, le 20 juin 2010.

Ière Etape : Du départ de port d’Anvers à l’arrivée à Banzyville, actuel Mobayi-Mbongo

Le voyage et ses multiples difficultés

« A tout seigneur, tout honneur », dit-on. Avant toute chose, nous voudrions exprimer nos vives gratitudes à la Province Flandro-belge qui, 100 ans passés, avait accepté de tout cœur de participer à l’œuvre combien grandiose de l’évangélisation du Congo où beaucoup ont laissé leur vie en témoignage de foi et par amour pour le Christ et pour leurs frères et sœurs, les Congolaises et Congolais. Les Capucins italiens de la province d’Alessandria, de Salerno et de Sardaigna s’y rallieront peu après pour réaliser l’œuvre du salut initiée par le Christ lui-même. C’était effectivement une grande aventure missionnaire qui nécessitait l’assistance du Créateur et Auteur de la Vie et de la mission, Dieu lui-même mais aussi de la part des acteurs principaux, une disposition mentale, une santé physique, un goût de l’aventure et une détermination de l’accomplir sans faille. En 1910, avec l’entrée en scène des Capucins Belges, la nouvelle mission, conçue comme la « dernière évangélisation », couronnait la première mission des Capucins italiens et portugais qui, pour la première fois dans l’histoire du Congo, étant venus évangéliser les côtes africaines, joignirent l’embouchure du Congo, « La terra incoguita », en 1645. Il y a 100 ans, les Capucins Belges ont bravé vents et marées, les forêts et leurs surprises parfois très désagréables, les moustiques, les mouches tsétsé, les scorpions, les serpents et que sais-je encore, pour porter la « Bonne Nouvelle » au Congo. Bref, partis du quai d’Anvers le 10 septembre 1910 à bord du paquebot Bruxelles ville, nos six premiers missionnaires accostent à la rive de l’Ubangi à Banzyville (Mobayi-Mbongo) le 1er décembre 1910 où sera érigé le premier poste de mission. Une fois pieds à terre, non intrépides pionniers se mettent au travail. Le 17 avril 1912 : ce sera la Promulgation du décret d’érection de la Préfecture Apostolique de l’Ubangi. Acte qui ouvrit la voie du début de l’implantation de l’Eglise dans la partie extrême Nord-Ouest du Congo. Les postes des Missions se créent. Les œuvres caritatives se réalisent : les dispensaires et les écoles où ils se constituent les premiers agents soignants et enseignants tout en formant des agents autochtones. Les premières religieuses missionnaires commencent aussi à arriver.

IIème Etape : Formation du clergé autochtone

Cette étape commence par la création du petit séminaire saint François d’Assise le 13 août 1923 à Abumombazi. En 1930, il sera transféré à Molegbe, puis à Kota-Koli en 1950. Entre-temps, il aura la fondation des Frères de saint Joseph à Molegbe en 1933. En 1934, ce fut l’érection du postulat des Filles de Marie (Aya Maria) à Abumombazi. Le 06 juin 1947 : le premier prêtre autochtone en la personne de Mr l’Abbé Boniface BOLOMBI, d’heureuse mémoire, sera ordonné. Les événements se succèdent au diocèse, le 25 janvier 1968, l’ordination épiscopale de S.E. Mgr Joseph KESENGE, premier évêque autochtone. Emérite en 1997, il sera succédé respectivement par Mgr Joseph KUMOUNDALA, comme Administrateur Apostolique de 1997-1998 ; Mgr Ignace MATONDO, comme ordinaire du lieu de 1999-2007 ; Mgr Louis NKINGA, comme Administrateur Apostolique de 2007-2009. Enfin, nommé le 14/06/2009, Mgr Dominique BULAMATARI, lui succédera comme ordinaire du lieu par la prise de possession canonique du trône épiscopal le 10/01/2010. Le diocèse compte à nos jours : une soixantaine de prêtres, une soixantaine de religieuses, 16 frères. Du personnel laïc de l’évangélisation, on compte 500 catéchistes formés.

IIIème Etape : Formation des Capucins congolais

1ère génération :

En octobre 1954, ce fut l’approbation d’ouverture du Noviciat des Frères Mineurs Capucins. Après les études philosophique et théologique, les 4 premiers prêtres Capucins autochtones furent ordonnés le 18 juillet 1965 à Abuzi. Des 4, il nous reste un, le frère François KAZONGO qui a totalisé plus de 50 ans de vie religieuse. 2ème génération : Suite à une série de crise, la formation de Capucins au Congo fut suspendue. Réouverte en 1978, la formation portera ses premiers fruits le 08/12/1981 avec les premiers vœux des 2 frères : aujourd’hui frère Mgr Fridolin AMBONGO et frère Aimé KUNGI, prêtre. Dès lors en RDC, il y a une croissance du nombre des Capucins : Frères à vœux perpétuels : 39 dont 4 missionnaires (2 Belges et 2 Italiens) Frères en formation (Théologie et philosophie) : 30 Frères en formations spécifique : 5 Frère Evêque : 1
Notons en passant qu’au chapitre de Mars 1997, il y avait 33 Capucins à vœux perpétuels dont : 11 Italiens, 11 Belges et 11 Congolais.
Le nombre croissant des frères actuellement ne va pas non plus sans problème. Etant dans un pays économiquement très faible, l’aspect environnemental joue beaucoup sur la vie des frères et des missionnaires, en particulier et de la Vice-Province Générale du Congo, en générale. Il est à noter encore que l’aspect économique reste et demeure un défi pour la vie des Capucins en RDC, surtout pour la formation et la pastorale.

2. De la fondation à l’état actuel de la VPGC Avec son édification le 1er mai 1994, devenant ainsi indépendante de la province Flandro-Belge, la VPG du Congo a connu d’énormes progrès, et ce, à divers niveaux : La présence des frères Capucins dans l’Archidiocèse de Kinshasa à partir de 1984 avec les premiers frères étudiants en théologie, a été renforcée avec l’ouverture d’autres maisons ; La formation en philosophie et en franciscanisme à Pretoria en Afrique du Sud à partir le 1999 ; L’ouverture de la nouvelle mission à Pointe-Noire en République du Congo en novembre 2001 suite à l’appel pressant de l’ordinaire du lieu et de l’insistance de la Curie Générale des frères Mineurs Capucins de Rome. Trois frères, 2 congolais et 1 belge seront les premiers missionnaires de la jeune VPG du Congo à aller au-delà des frontières de la RDC et du diocèse de Molegbe où étaient arrivés pour la première fois les premiers missionnaires de la province Flandro-Belge. Bien qu’un frère y ait laissé la vie, ils sont les pionniers de cette aventure missionnaire, loin de leurs frères et sœurs. C’est dire que l’événement que nous célébrons aujourd’hui a dépassé même les frontières de la RDC et qu’il porte déjà des mûrs et agréables dans d’autres terres de mission.

3. La formation des formateurs à l’Université de spiritualité franciscaine pour prendre les relèves dans la formation et à d’autres Universités de Rome.
4. Des activités des frères capucin après l’érection de la VGP du congo. Il est tout à fait normal que la continuité du travail pastoral accompli par les frères missionnaires soit restée comme le premier socle sur lequel il fallait bâtir d’autres. C’est au fur et à mesure que d’autres activités ont été initiées et cela jusqu'à présent : Le développement de l’homme et de tout homme a été au centre de la pensée missionnaire des frères capucins. D’où la création de l’œuvre de développement centre de développement Intégral de Bwamanda (CDI-Bwamanda). La facilitation de l’installation de Memisa-Beligique en RDC et vrai partenaire du terrain dans le cadre de collaboration pour éradiquer certaines maladies ignorance. L’adduction et distribution de l’eau potable dans la ville de Bosobolo pour la population indigente à partir de système de gravitation naturelle, sans machine, ni trop de moyens financiers pour l’entretien.
ALASCO : Association de Lutte contre le Sida au Congo : prendre conscience aux jeunes et femmes au sujet de risque de cette maladie, avec accompagnement des PVV. Nous avons introduit toute une série de cours au niveau de l’enseignement primaire est secondaire.
DTO : Droit pour Tous Obligatoire : comme instrument de paix, de justice et de protection de l’environnement à la disposition de la population qui, très pauvre, ne peut pas avoir un avocat pour la défendre devant les tribunaux. En plus, former la population et ceux qui la gouverne pour une justice sans distinction. Alphabétisation et enfants indigents : dans les villages où nous travaillons, la plupart des jeunes filles ne vont pas aux études car elles doivent aider leurs mamans pour les travaux des champs et aussi pour faire les « Baby sisters », c’est-à-dire, porter leurs cadets qui viennent au monde. Ce sont ces filles là qui se retrouvent au catéchuménat. Nous voulons par cet ONG aider les filles à lire et à écrire et encourager les parents à leur payer les études après la formation mais surtout éviter la ségrégation entre garçon et fille. A cette catégorie des enfants, nous soutenons, grâce aux aides des bienfaiteurs, les études primaires aux enfants orphelins dont les parents sont décédés, pour la plupart de Sida ou de la maladie du sommeil qui fait trop de victimes dans la Région de l’Equateur Nord-Ouest. Centre Padre Pio : formation des filles-mères pour se prendre en charge par des différents métiers (coupe et culture), des garçons de la rue pour la menuiserie et maçonnerie. Comme dans la plupart des villes au monde, certaines couches surtout les jeunes, n’ont pas la possibilité d’étudier ou les parents ont brillé par leur irresponsabilité. Ces jeunes ont besoin d’encadrement et des guides de confiance pour réussir leur vie.

5. Perspectives d’avenir L’avenir des Capucins en RDC Congo, reposant sur la jeunesse, est plein d’espoir et de promesse. Car, dit-on, l’avenir de toute famille, de toute société de l’Eglise appartient à la jeunesse. Sans la jeunesse, toute société ou association va tout droit à la mort. Avec le concours de tout le monde, gardons la lampe allumée et revivons la lumière de l’espérance qui habite en chacun de nous pour un avenir meilleur. Que le charisme de Saint François d’Assise illumine les ténèbres de nos cœurs et que puisse à jamais se construire un monde fraternel où chaque personne ou créature est respectée.

 
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Jeudi 12 avril, monsieur Georges Nzonyiwa,
père de notre confrère Joseph Mbema,
s’est éteint à l’hôpital de Bwamanda à l’âge de 75 ans.

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