Nativité : mystère de l'humilité de Dieu
MÉDITATION - La fraternité St Françoise d’Assise des frères mineurs capucins de la 12e rue Limete/Kinshasa a participé une récollection du 17-18 décembre 2011, prêchée par le fr. Denis Bosomi sur le thème ci-haut indiqué. Ce thème peut alimenter la réflexion des frères et les sœurs, surtout de la famille franciscaine, car il exprime bien
le contenu du charisme franciscain-capucin dont l’humilité est une des notes essentielles. Ainsi, je profite ici pour donner un résumé de cette méditation.
En effet, la nativité est un des mystères fondamentaux de la foi chrétienne. Son importance centrale fait qu’elle revêt plusieurs définitions dont l’élément mystère constitue le dénominateur commun. De ce point de vue, la nativité peut être définie comme mystère d’amour de Dieu pour les hommes, exprimé dans ce beau verset de l’évangile lucanien: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime» Lc 2,14. La nativité peut être aussi saisie comme le mystère de l’admirable échange (commercium) entre la nature divine et la nature humaine – c’est la définition de beaucoup de Pères de l’Eglise dont Saint Athanase, Saint Cyrille – ou encore la nativité est le mystère par lequel le Verbe s’est fait chair (Jn1,14) ou encore le mystère d’humilité de Dieu (Ph 2,6-11).
C’est plus sur cette dernière définition qu’a tournée cette méditation divisée en deux parties: la première, la préparation, car pour accueillir ce mystère ineffable, il faut une préparation extérieur mais surtout intérieur pour d’être digne d’accueillir le fils de Dieu dans sa vie. Ainsi, il y a deux points essentiels de cette méditation, préparation et accueil.
Dans la préparation, il faut d’abord et avant tout ouvrir ses portes à ce fils de Dieu qui vient: «Ouvrez les portes! Qu’elle entre la nation juste, celle qui reste fidèle» (Is, 26,3). Dieu qui vient est celui à qui nous devons ouvrir nos portes, nos cœurs pour l’accueillir, pour qu’il trouve place en nous, pour qu’il y demeure et grandisse. Dans les habitudes des gens, ouvrir sa porte à quelqu’un dit beaucoup. On n’ouvre sa porte qu’à quelqu’un qu’on connaît, à un homme de bien, à un ami, à un frère. On ne le fera pas à bandit, à un fou, à un mal-aimé. Jésus est ce bien aimé à qui nous devons ouvrir largement nos portes, en signe d’accueil, car il vient vers nous pour le bien, pour le salut. Il faut aussi un changement intérieur radical: «Encore un peu de temps, et le Liban se changera en verger, et le verger sera pareil à une grande foret» (Is 29,17). Le Liban qui est désertique devient une prairie et par la suite une grande foret. Cela signifie un changement complet, un changement radical, un changement substantiel. Du désert à la prairie, le passage est inattendu, comme également de la prairie à la grande foret...
Enfin, s’il se constate que la préparation dure, il faut de la fermeté, de la persévérance: «Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent, dites aux gens qui s’affolent: prenez courage, ne craignez pas» (Is 35,3-4). La fermeté dans l’attente, dans la préparation, car celle-ci peut parfois sembler longue, au point d’occasionner une impatience. Ainsi, une fois que nous nous sommes préparés et que le fils nous est né, il ne reste qu’à l’accueillir.
Dans la deuxième partie: accueil, j’ai indiqué que ce Dieu qui vient vers nous ne vient pas de n’importe quelle manière, il ne vient pas comme un roi puissant, un roi glorieux, il vient d’une manière particulière, avec humilité, avec effacement et ostracisme absolus.
L’humilité est le mode de sa venue. Cette humilité, saint François la puise de Jésus, modèle principal de sa vie. Et c’est dans la nativité que le Séraphique Père y voit la source d’humilité de Jésus. C’est pour cette raison que dans la tradition de l’Eglise, l’invention de la crèche est attribuée à François. En effet, le Christ est resté toute sa vie, de l’incarnation à sa mort sur la croix, le modèle de la totale humilité. Dieu pour réaliser son plan de salut a pris la voie la plus ordinaire pour se révéler aux hommes: la naissance par une femme, une chose la plus ordinaire…Il est venu sous la forme d’un enfant qui nait dans des conditions inférieures aux nôtres, dans une mangeoire, sans vêtements, sans couverture, sans berceau où la seule chaleur qu’il pouvait recevoir était celle des animaux ou du feu des pasteurs. C’est l’humilité la plus totale.
Ensuite l’accueil qu’il faut réserver à Jésus doit être cordial, chaleureux, un accueil de plein empressement. Le Christ vient mettre fin à longue marche qu’Israël comme nous tous avons accompli, d’année en années, des ténèbres, des manquements, des péchés et que maintenant, il est venu le temps de les abandonner définitivement: «Peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière» (Is 9,1-6). La naissance de Jésus met fin à cette marche incertaine de l’homme dans les ténèbres pour l’introduire dans la lumière. L’accueil ou la venue de Jésus pour nous a une valeur essentiellement sotériologique. Il vient pour nous sauver, nous libérer, nous ouvrir les yeux et les oreilles (Is 61,2-4).
J’ai conclu donc cette méditation en invitant chacun à regarder cette humilité de Jésus à travers notre Père Saint François et à s’en inspirer profondément. Maintenant, il est venu le temps de s’empresser pour accueillir à bras ouvert ce fils de Dieu qui vient et lui réserver la place la plus belle dans nos cœurs puisqu’il y demeure et devienne le moteur principal de notre fraternité, de notre agir, de notre vouloir et de notre penser. Ainsi, je tiens à présenter mes meilleurs vœux de Joyeux Noël et Bonne Année 2012 à vous tous frères et sœurs de la famille franciscaine !


