Nouveaux missionnaires, nouvelle évangélisation

BRUXELLES, Belgique – Les frères Jean-Romain Wayawaya, Fidèle Gelena et Thomas Sengea viennent de terminer le stage missionnaire auquel ils sont participé depuis le 1er mars 2011 à Bruxelles. Ce cours de formation vise à préparer et à redynamiser de nouveaux missionnaires pour une nouvelle évangélisation. Ce cours, organisé avec le

concours des frères mineurs et conventuels a connu la participation de 7 stagiaires, dont 3 frères mineurs et 4 capucins. Ils sont préparés pour diverses destinations : Haïti, Maroc, Asie et Algérie. Au menu du programme, avant de les livrer pour la mission, des semaines d’intenses études : approfondissement des textes de l’Église sur la mission ; spiritualité missionnaire en style franciscain ; aspects fondamentaux de la mission évangélique ; la connaissance des lieux où ils se trouveront dans quelques mois. Le stage était aussi un moment de ressourcement spirituel qui a connu tour à tour des pèlerinages à Rome, aux lieux franciscains où ils ont eu l’occasion de prier sur la tombe du fondateur saint François, avant de clôturer le stage à la Fraternité Notre Dame des Nations à Bruxelles.

La session en langue française de la formation missionnaire a été rendue possible grâce au concours des frères Helmut Rakowski, Ofmcap, secrétaire général pour l’animation missionnaire, fr. Gianfrancesco Sisto, représentant des collaborateurs du Programme missionnaire et des formateurs Didier van Hecke OFM et Aubert Bertrand OFMCap. À la fin du cours, chaque stagiaire présente un rapport et/ou un programme missionnaire.

Le frère Jean-Romain dans son rapport écrit : « À la suite du concile Vatican II, je dois partir de la réalité, c’est-à-dire de la situation concrète des hommes et des femmes d’aujourd’hui dans notre paroisse, mais aussi des succès et des ratés de l’évangélisation : nous réjouissant des nombreuses bénédictions apportées en Afrique au cours de siècles d’évangélisation et remerciant Dieu des nombreuses grâces reçues, nous ressentons cependant une profonde inquiétude et nous devons nous engager à une nouvelle évangélisation de l’homme et de la femme africains, blessés dans leur dignité par le passé colonial, opprimés par des guerres intestines, désorientés par la confusion créée par les sectes, manipulés par les influences des mass média locaux ou étrangers, victimes d’idéologies étrangères à leur culture… J’ai compris qu’il est fondamental de repartir ainsi de la réalité concrète. Évangéliser, en effet, ne consiste pas à apporter une morale, une doctrine, une nouvelle religion plus moderne, là où cela n’existe pas encore. Pas même à apporter la Parole de Dieu, si cette Parole est conçue comme un simple enseignement. Elle doit être plutôt une vie des témoignages vrais. On ne peut pas évangéliser aujourd’hui partout de la même façon, en Europe, en Amérique, en Asie, en Afrique. On ne peut pas évangéliser aujourd’hui comme hier. Non ! ». En savoir plus, cliquer ici

Le frère Thomas Sengea pour sa part propose un nouveau plan pastoral : « À la lumière de la formation pendant laquelle j’ai bénéficié de tant de choses, j’estime que j’ai grandi. Désormais, je tiendrai compte de l’universalité de la mission dans ma pastorale, en prenant en considération toutes les catégories de personnes créées à l’image de Dieu sans exclusion. J’approcherai tout le monde : jeunes, vieux, hommes, femmes, riches, pauvres comme preuve d’un amour sans frontière. Tous ces gens, désormais, je veux les considérer comme des associés à la mission que je sers moi aussi. Petit à petit, j’essaierai de les faire participer très sérieusement à toutes les décisions qui nous concernent comme communauté. Ils deviendront responsables de leur propre mission. Tout ne dépendra pas de moi et de mes idées. Peu à peu, il me faut perdre de l’importance tout en demeurant toujours utile et disponible. Je pourrai disparaître et cette communauté demeurera très vivante. Je me présenterai désormais à mes frères et soeurs comme un des leurs. Je m’inspirerai de cette description proposée par Isaïe (25, 6-7) : Dieu prépare un festin riche et savoureux pour tout le monde. Car j’ai hérité d’un modèle et d’une image de missionnaires socialement puissants, revêtus de prestige et d’autorité. C’est certainement une image qui me vient des missionnaires arrivés chez-nous de l’étranger à une autre époque. Le fait qu’ils venaient de si loin, qu’ils étaient associés d’une certaine manière au pays qui avait longtemps dominé le nôtre et qu’ils disposaient de moyens financiers importants contribuait à créer cette image même si certains d’entre eux pouvaient avoir une attitude intérieure pleine de douceur et d’humilité. Il n’en manquait certainement pas qui avaient tout le tempérament de l’image qu’ils projetaient ; mais il faut quand même éviter de généraliser. En devenant prêtre, je me suis fait l’héritier de ces personnages de prestige. Les gens me voyaient ainsi et, sans doute y ai-je un peu consenti... Le missionnaire franciscain, ainsi que je le vois maintenant, est un petit, un mineur et cela nous renvoie à notre charisme vécu en fraternité ; il est un serviteur qui s’engage toujours dans une certaine fragilité exposant même sa vulnérabilité comme François le faisait. Nous ne sommes pas prêtres pour la pastorale et capucins pour la dévotion personnelle. Dans toutes nos actions pastorales, nous devons agir en frères mineurs ». En savoir plus, cliquer ici

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