Fr. Roger Manzinga creuse le dernier cri de Jésus

ROME - C’est devant le jury, inondé par une forte participation des confrères capucins des différents pays du monde qui étudient au collège Saint Laurent de Brindes à Rome, des congolais et congolaises de Rome, des ecclésiastiques de la province de l’Équateur, des amis et connaissances que fr. Roger Manzinga Akonga a défendu sa thèse

en théologie biblique ce lundi 06 juin à l’Université Grégorienne de Rome. Sa dissertation est intitulée : « Le dernier cri de Jésus sur la croix (Marc 15, 34). Fonction pragmatique de la citation du psaume 22,2a dans le contexte communicatif de Marc 15,32-41 ».

Le frère Roger a initié la défense par un chant lingala (langue locale), composé par le feu Cardinal Frédéric Etsou : « Nzambe wa ngai (2x) e mpo nini otiki ngai ?» ( Mon Dieu, mon Dieu, pour quoi m’as-tu abandonné ?). Le contenu de ce chant rappelle la passion de Jésus et de façon particulière le cri articulé que le frère Roger appelle « le dernier cri de Jésus sur la croix ». La question que le frère Roger s’est posé et qui est devenue fil conducteur de sa pensée tout au long de sa longue cognition est celle de trouver la clé de lecture de ce cri de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pour quoi m’as-tu abandonné » en Marc 15, 32-41 qui est une reprise du Psaume 22, 2 et qui permet au lecteur d’aujourd’hui de comprendre son existence face aux interrogations fondamentales devant une apparente absence de Dieu en face de la souffrance.

 

Le sens du cri…

Selon le frère Roger, ce dernier cri de Jésus dans sa fonction pragmatique, est en dialogue avec le lecteur. Il porte le lecteur à assumer, dans son existence hic et nunc, la destinée du Jésus Crucifié comme service et don. Ce cri n’est pas un cri adressé à Dieu, mais il est essentiellement la question de Dieu à l’homme en face du mystère du Crucifié. En fait, pour le frère Roger, en face de drame de la souffrance et les injustices sociales, une lecture du dernier Cri de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pour quoi m’as-tu abandonné », qui ne prendrait pas en compte son contexte communicatif de l’auteur Marc, peut devenir le lieu d’engagement de l’athéisme, de la révolte contre la passivité et ou le silence divin en face de la souffrance des innocents et les injustices commises contre les faibles.

Le cri repris par le Congolais…

Partant du contexte communicatif de ce cri de Jésus, le Frère Roger montre que, là où Dieu semble être absent, il est réellement présent. Ainsi, le lecteur congolais qui assume le contexte d’énonciation du cri de Jésus en lien avec son contexte existentiel peut arriver à assumer le sens de la mort de Jésus comme une mort pour autrui. La mort de Jésus, vue comme don de soi et service pour l’humanité, trouve signification dans l’existence du lecteur congolais comme appel à un engagement de vie et à un don de soi pour le bien des autres et de la communauté. Sa vie, comme celle de Jésus, devient un service pour la communauté. C’est seulement dans ce sens que le lecteur congolais de ce dernier cri de Jésus sur la croix peut engager sa vie à la suite de Jésus Crucifié.

Et après…

Après la défende un cocktail a été offert aux membres du jury et quelques amis et connaissances avant de retourner au Collège pour une soirée dansante organisée en l’honneur du lauréat. Au Collège Saint Laurent de Brindes, le frère Roger Manzinga a été solennellement accueilli par ses confrères en commençant par le Recteur du collège, fr. Isidore Peterhans, qui a fait un geste très symbolique en soulevant le frère Roger Manzinga, en dépit de son poids et de sa masse. Geste qui traduit la joie de toute la communauté du Collège pour le bien fait.

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